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Organisme à but non lucratif qui amasse des dons au Québec pour favoriser une accessibilité à l'éducation aux enfants défavorisés du Bénin, en Afrique de l'Ouest, en leur offrant l'uniforme scolaire obligatoire pour fréquenter l'école, le kaki.

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Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja

Bonjour à tous, chers kakis-donneurs !

Ça y est, c’est fait : la rentrée béninoise a eu lieu le 8 octobre 2012, suivie de près par la remise de notre belle grande collecte de cette année (422 kakis !), à laquelle j’ai eu l’honneur de participer en votre nom vendredi le 19 octobre dernier. Voici donc mon petit compte-rendu de cette journée riche en émotions.

Vendredi, le 19 octobre 2012
-8h du matin : il pleut à verse sur Cotonou, où Coco (mon copain togolais) et moi-même sommes arrivés la veille. On attend les gens d’Anayi dans le hall d’un petit hôtel sympathique, un peu en retrait du centre-ville et de la frénésie cotonoise... 

-10h : arrivée de Léopold et Bruno, respectivement vice-président et secrétaire exécutif d’Anayi. Quel plaisir de les retrouver ! Après 3 ans de collaboration québéco-béninoise, c’est toujours bien agréable de les revoir. Ils sont accompagnés de Monsieur Norbert, responsable de l’association qui a organisé la remise de kaki dans la commune de Djidja, située tout près de la petite ville d’Abomey (et donc tout près aussi du village de Zahla, où avait eu lieu la remise de l’année dernière).

-10h30 : la pluie diminue un peu. En route ! On passe par Porto-Novo, ville où j’ai fait un stage de 2 mois en 2010, puis on part vers le nord, en traversant la magnifique vallée du fleuve Ouémé. Les paysages sont à couper le souffle, verdoyant et luxuriant à souhait. « La vallée de l’Ouémé est la 2e vallée la plus riche au monde après celle du Nil », me dit fièrement Léopold. « Sauf qu’elle n’est pas exploitée, malheureusement ». Malheureusement pour l’économie du pays peut-être, mais heureusement pour la préservation de l’environnement… En tout cas, je ne sais pas si c’est pour préserver l’environnement ou par souci d’économie, mais on ne peut s’empêcher de sourire quand on traverse les ponts qui enjambent les méandres du fleuve : des ponts à une voie, avec un petit espace de « courtoisie » pour céder la place en cas de croisement. Super pratique quand on se retrouve face à face avec un énorme troupeau de bœufs avec des cornes immenses, collaborant plus ou moins bien avec leurs guides (des nomades peuls) qui essaient tant bien que mal de les contenir et de les diriger à coups de bâtons ( :

Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja   Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja   

Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja

Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja    Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja


-13h : arrivée à Abomey. On salue au passage l’imposante statue de Behanzin, un grand roi qui a farouchement résisté aux français au début du XXe siècle. Abomey fut un grand royaume, et on peut y voir encore plusieurs vestiges d’un très riche héritage historique et culturel, même si on ne fait qu’y passer. On s’arrête aussi dans un petit maquis, où je déguste avec bonheur la pâte noire, une spécialité locale qui est bien difficile à trouver à Lomé !

 

Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja



-15h : en route pour l’école primaire de Mougnon-centre, dans la commune de Djidja. Vu le nombre imposant de kakis, des élèves de plusieurs écoles de la commune ont été sélectionnés pour recevoir un nouvel uniforme pour la rentrée. Et vu le nombre imposant de kakis, des gens importants se sont déplacés cette année : un honorable député de la chambre d’assemblée (il est en blanc sur les photos, avec le chapeau traditionnel des rois d’Abomey), toutes sortes de représentants politiques et même, des journalistes de la télévision béninoise.

 Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja

La remise s’est déroulée bien « à l’africaine », un mélange festif de couleurs, de musique, de petits soucis d’organisation et bien sûr, de nombreux discours officiels, chaque personne importante devant y aller de son mot. Et puis dans la mêlée générale, tous les kakis ont ensuite été distribués. Ça, c’est le moment que je préfère. Les discours et les cérémonies officielles, ça me met toujours un peu mal à l’aise (et comme je ne comprends pas le fon, la langue locale, je m’y perds un peu). Mais de voir les enfants recevoir leur kaki, ça fait chaud au cœur, vraiment. De penser à chacun d’entre vous, et de voir chacun de ces enfants recevoir son kaki, c’est très émouvant. Le pont du cœur est bel et bien là ! 

Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja    Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja    Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja

Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja

Un kaki pour le Bénin 2012 : Djidja


-17h : la remise s’achève, la foule se disperse un peu. On prend encore quelques photos, puis on se dirige doucement vers la voiture. Des enfants me suivent : « Et moi, il est où mon kaki ? Pourquoi je n’en ai pas eu ? Yovo, donne-moi mon kaki ». Malaise. Cette foutue impression que peu importe ce qu’on fait, ça ne pourra jamais être assez. Et en même temps, cette belle grande jeune fille qui me met discrètement la main sur l’épaule et qui me dit, avec un sourire rayonnant : « merci beaucoup madame. J’ai très hâte d’aller à l’école ». Et cette maman qui me fait un immense sourire et soulève sa petite puce bien haut, pour que je la vois bien avec son nouvel uniforme dans ses bras. Je le dis souvent et j’en suis de plus en plus convaincue : l’Afrique, c’est le continent des extrêmes. Pas de sécurité, pas de juste milieu.

Je m’assois dans la voiture, mêlée entre toutes sortes d’émotions contradictoires. Heureusement, Coco était là pour me rappeler que le geste qu’on a posé tous ensemble est grand et important, même si tous les enfants qui auraient eu besoin d’un kaki n’en ont pas eu. Il m’a aussi rappelé que c’est bien de recevoir de l’aide de l’extérieur, mais que si l’Afrique veut avancer et faire réellement bouger les choses, c’est à ses habitants de se prendre en main, et à ses propres autorités de prendre les mesures qu’il faut pour que tous les enfants puissent aller à l’école. Merci mon amour, grâce à toi, j’ai quitté Djidja le cœur léger, et plus convaincue que jamais que ce petit pont du cœur qui grandit année après année entre le Québec et le Bénin peut réellement faire une différence.

 

Je termine par un merci tout particulier aux gens de l’ONG Anayi : Bruno, Pascal, Léopold, Jules et Joël que je n’ai pas eu le temps de connaître beaucoup, vous êtes des personnes extraordinairement dévouées et inspirantes. Je salue aussi mes grands amis Samuel et Jean-Philippe. C’était bizarre de me retrouver quasiment au même endroit que l’an dernier, mais sans vous… Vous m’avez beaucoup manqué, surtout que j’étais la seule, mais vraiment la seule yovo dans toute cette foule !

Et surtout, je remercie sincèrement chacun d’entre vous qui avez contribué à faire de cette remise une réussite. Envoyer un enfant à l’école, c’est lui donner la chance, si petite puisse-t-elle être, d’accomplir ses rêves et de faire bouger le monde. 

Encore une fois, merci, et j’espère pouvoir compter sur vous pour continuer de faire monter notre kaki-o-mètre pour la remise de l’an prochain !

Mélanie  ( :

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