Organisme à but non lucratif qui amasse des dons au Québec pour favoriser une accessibilité à l'éducation aux enfants défavorisés du Bénin, en Afrique de l'Ouest, en leur offrant l'uniforme scolaire obligatoire pour fréquenter l'école, le kaki.
Pour cette édition de Un kaki pour le Bénin, un regroupement peu improbable : par un hasard incroyable, la vie aura amené Samuel, Jean-Philippe et Mélanie à se retrouver tous les trois en Afrique de l’Ouest en même temps cette année pour une 3e cérémonie de remise des kakis. Le vendredi 28 octobre dernier, à 10 h 15, les trois responsables reçoivent donc un appel d’Anayi; ils sont à quelques minutes de la maison de Samuel et Jean-Philippe à Porto Novo. Nous procédons donc aux derniers ajustements de nos habits pour être prêts à l’occasion de cette journée que nous attendons avec impatience depuis des mois. Dernier bouton du basin attaché, gobi bien ajusté à la tête, tresses mises en place et hop, la journée tant attendue se met en route.
Après 4 h de transport depuis la ville de Porto-Novo, nous quittons le goudron et nous nous retrouvons sur une route qui semblerait impraticable pour le commun des mortels québécois. Mais impossible n’est pas béninois!
Nous arrivons près de la cour de l’école. Pour nous y mener, des centaines d’enfants, mains dans la main, forment une haie d’honneur. À l’entrée de ce grand couloir humain, des mamans, rayonnantes dans leurs pagnes aux mille couleurs, nous accueillent avec leurs chants ancestraux.
Haie d'honneur accueillant Anayi et Un kaki pour le Bénin.
Saisis par l’émotion, nous aussi nous nous prenons par la main, et nous passons à travers la haie. Doucement, nous réalisons l’ampleur du geste d’accueil : chacun des visages de cette immense masse humaine affiche un sourire inoubliable, parfois un peu timide, parfois curieux, parfois si généreux. À notre tour, nous essayons de leur rendre la pareille et de sourire à chacun d’entre eux. Au bout de la haie, encore les mamans qui cette fois, entourées de percussionnistes, nous impressionnent en effectuant une danse traditionnelle de la région d’Abomey appelée la danse de la poitrine. Nous sommes sidérés : comment peut-on bouger les hanches, les fesses, les épaules, le torse et surtout, la poitrine, avec autant de vigueur, d’élégance et de coordination? Et bien sûr, au Bénin, on ne peut pas se contenter de regarder les gens danser; au moment où on se dit « on va peut-être s’en sauver », on se retrouve au cœur de la mêlée. Dès qu’on esquisse un maladroit mouvement de la poitrine, toute l’école réunie se met à crier avec enthousiasme et les mamans redoublent d’ardeur. En moins de deux, tous les enfants qui étaient si bien cordés pour la cérémonie se retrouvent autour de nous, soulevant un immense nuage de poussière rouge.
Enfant du village en charge d'ouvrir officiellement la cérémonie.
Danse traditionnelle par les élèves de Za-hla.
La poussière retombe doucement et on nous amène vers la table d’honneur. Derrière nous, les sages du village; partout autour, assis sur tous les bancs et les tables de l’école qu’on a pu trouver, tout le reste du village réuni. Nous avons droit à quelques numéros, à titre de spectateurs cette fois-ci. Des chants et des danses se succèdent pour nous souhaiter la bienvenue. Pendant ce temps, les membres d’Anayi disposent sur une grande table les 205 kakis et les fournitures scolaires – cahiers, ardoises, bics – ayant aussi été achetées pour l’occasion. Pour ceux qui suivent assidument le décompte, vous remarquerez qu’un certain nombre de kakis ont été reconvertis en fournitures scolaires pour tenir compte des besoins locaux, à la suite de notre accord.
Les fournitures scolaires et les kakis avant la remise officielle.
Après les nombreux discours de remerciement, dont plusieurs s’adressaient à vous tous, kaki-donneurs québécois, c’est à notre tour de parler en votre nom. Vous avez sans doute déjà lu ce mot de remerciement dans notre message précédent. Sinon, nous vous invitons à le lire. Nous étions fiers de penser à vous tous qui avez rendu ce moment possible en 2011. S’en est alors suivi la remise officielle où chacun d’entre nous a été jumelé avec un jeune enfant pour lui remettre son uniforme.
Remise des kakis en votre nom par Jean-Philippe, Mélanie et Samuel.
Un par un, les kakis ont été distribués. C’est en voyant tous ces visages que nous en venons à personnaliser l’objectif de Un kaki pour le Bénin, soit de créer un pont entre les cœurs du Québec et les cœurs d’écoliers du Bénin. Chaque uniforme confectionné change l’année scolaire d’un enfant ici, nous pouvons en témoigner! En pensant à chacun d’entre vous qui avez donné et en regardant chacun des enfants à qui un kaki a été remis, nous avons ressenti profondément le pont du cœur (Anayi), entre Za-hla et le Québec.
Sourire coup-de-coeur de la remise des kakis de Za-hla.
Une dernière surprise nous attendait à la fin de la cérémonie… Un des organisateurs vient nous voir en avertissant les gens rassemblés que nous reviendrons dans cinq minutes. Il nous amène alors à l’intérieur de l’école; Mélanie d’un côté, Samuel et Jean-Philippe de l’autre. À la sortie, nous avons failli ne pas nous reconnaitre! Samuel et Jean-Philippe étaient vêtus d’un grand basin blanc – un tissu très estimé ici – et coiffés du chapeau traditionnel des rois d’Abomey. Mélanie aussi portait le basin et le chapeau, avec en plus, sur les épaules, des points faits à partir de poudre de craie – un attribut des reines d’Abomey. Vous l’aurez deviné, on nous avait habillés en rois et reine d’Abomey!!! Quel grand honneur… beaucoup trop grand pour les modestes personnes que nous sommes.
Mélanie, Samuel et Jean-Philippe sacrés reine et rois d'Abomey pour l'occasion.
Cette troisième remise confirme que chaque fois, Un kaki pour le Bénin fait jaillir une source immense d’émotions entre le Bénin et le Québec. Le geste que nous reconduisons chaque année au Québec nous semble si peu pour nous par rapport à l’enthousiasme de sa réception dans les villages! Mais nous ressentons plus que jamais la certitude que l’effort en vaut vraiment la peine et qu’il faudra coute que coute récidiver les années à venir.
Les enfants et leur kaki.
L'édition 2012 de Un kaki pour le Bénin est déjà lancée. Nous espérons vous compter encore parmi nos généreux kaki-donneurs. Le kaki-o-mètre est déjà à 5! Veuillez noter que vous pouvez nous écrire en tout temps en cliquant sur la rubrique Écrivez-nous dans la marge de droite.
Merci d’avoir rendu ce moment possible et à bientôt!
Béninoisement vôtres,
Mélanie, Samuel et Jean-Philippe
L'équipe de Un kaki pour le Bénin et d'Anayi. De gauche à droite : Jean-Philippe Ayotte-Beaudet, Léopold Ahokponou, une invitée d'Anayi, Samuel Pignedoli, le pasteur Roch, Jules Degila, Mélanie Cloutier, un invité d'Anayi et Pascal Tevos.